Anneyron, situé dans le département de la Drôme, est une charmante commune qui allie patrimoine et nature. Parmi ses points d'intérêt, l'église d'Anneyron se distingue par son architecture typique et son ambiance paisible. À proximité, l'étang offre un cadre idyllique pour les promenades en famille ou les moments de détente. Ce lieu, à la fois historique (ville natale du Marquis d'Arlandes, premier aérostier) et naturel, témoigne de la richesse culturelle de la région et invite les visiteurs à découvrir la beauté de la Drôme.
Le Château de Larnage
ANNEYRON (Rue Jules Nadi)
Patrimoine et lieu chargé d’histoire, le château de Larnage fut au fil des siècles domaine familial, école, presbytère, entreprise et même logement pour des ouvriers.
Situé au centre-ville d’Anneyron, à quelques mètres de l'Eglise et de l'Hôtel de Ville, ce château de plan rectangulaire a été bâti vers 1340 par Jacques Brunier de Larnage, chancelier de Humbert II (1312-1355 ; dernier dauphin qui transporta le Dauphiné au royaume de France en 1349 ; fondateur de l’Université de Grenoble). Il est occupé par la famille Brunier de Larnage, possédant la seigneurie de Larnage (à proximité de Tain l’Hermitage), jusqu’au XVIème siècle environ.
Au XVe siècle, construction d’une tour sur la façade principale, servant de cage d’escalier et d’entrée, et sur laquelle on peut voir le blason des Bruniers de Larnage. Puis une deuxième tour, dont il subsiste quelques traces, qui était peut être des latrines. Au XVIIIe siècle, les fenêtres de la façade principale sont élargies.
Pendant la Révolution, il est vendu comme bien de la nation et abrita une communauté religieuse qui y ouvrit vers 1840 un internat pour jeunes filles, « le couvent », jusqu’en 1902. Après la loi de séparation entre l’église et l’état (1905), il devint le presbytère de la paroisse (résidence du curé), ce qui lui vaut d’être couramment désigné sous le vocable de « cure ». En 1942 il devient la propriété du Diocèse de Valence. En 1965, l’usine locale La Biscuiterie de la Tour d’Albon (Mme Finot) rachète les terrains et s’y installe. Il fût divisé en logement pour les employés. Bien qu’inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH) en 1963, le château est pratiquement voué à la ruine, toutefois, grâce à la bonne volonté et intervention d’un groupe de bénévoles, l’édifice y échappe en étant racheté par la commune en 1983 (sous le mandat de maire de M. Aimé BERTRAND). L’association de sauvegarde du patrimoine anneyronnais (ASPA), créée à l’origine pour sauver ce petit patrimoine, participe encore aujourd’hui activement à sa conservation et à sa promotion.
De nombreux travaux de restauration essentiels à sa sauvegarde (toiture, façades) ont été effectués ces dernières années.
De nos jours il sert de lieux d’évènements culturels de la commune (pièces de théâtre, expositions de photographies, ateliers de dessins…), plus particulièrement pour les Journées Européennes du Patrimoine. On peut le visiter sur demande auprès de Mémoire et Patrimoines Anneyronais, au 06 64 89 12 93 (Madame André Auger).
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Dans le nord de la Drôme, là où les coteaux s’étendent comme des vagues figées sous le ciel d’Auvergne-Rhône-Alpes, se niche Anneyron, un village discret dont les pierres parlent à qui sait écouter. À 210 mètres d’altitude, entre la vallée puissante du Rhône et les premiers frissons des Alpes, cette commune de 36,23 kilomètres carrés semble suspendue entre deux mondes : celui des champs labourés par des générations d’Anneyronnais et celui des rêves portés par des figures illustres. Ici, le passé ne se contente pas de sommeiller ; il vit, dans les murs des châteaux, les voûtes de l’église et les chemins creux qui serpentent vers l’horizon. Partons à la découverte d’Anneyron, ce joyau patrimonial où l’histoire se lit comme un roman dont chaque page révèle une nouvelle nuance.
Au Commencement : Une Terre Baptisée par les Siècles
Le nom d’Anneyron résonne comme une énigme ancienne, un écho d’un lointain germanique. Les érudits y voient une trace d’Annarigus, un nom porté par quelque seigneur ou colon des temps reculés, auquel s’est greffée la finale -onem, si chère aux toponymes médiévaux. Dès le XIVe siècle, les archives murmurent l’existence d’un prieuré, le prioratus de Anneyronae, humble sanctuaire veillé par des moines sous la tutelle de l’abbaye Saint-Pierre de Vienne. Puis, en 1521, une paroisse se dessine dans les registres, ecclesia Anneyronis, consacrée à Notre-Dame, cœur spirituel d’une communauté encore balbutiante.
Jusqu’en 1809, Anneyron n’était qu’une ombre dans le giron d’Albon, sa voisine altière. Mais le 4 mai de cette année-là, le village s’émancipe, devenant une entité propre, comme un enfant qui, devenu grand, réclame son nom. Ce n’est que le début d’une histoire qui s’écrit dans la pierre, le fer et les airs.
Le Château de Mantaille : Une Épopée Carolingienne
Au détour d’un chemin bordé de noyers, le château de Mantaille surgit, silhouette altière drapée d’un mystère millénaire. Ses origines plongent dans l’époque carolingienne, lorsque Lothaire, empereur du Saint-Empire, aurait foulé ces terres. Les murailles, épaisses comme des remparts contre l’oubli, racontent une époque où les puissants édifiaient des refuges contre les tumultes du monde. Transformé au fil des siècles, le château conserve pourtant cette aura d’antan, un mélange de rudesse féodale et d’élégance discrète.
Aujourd’hui, ses pierres moussues semblent veiller sur Anneyron, témoins silencieux des saisons qui passent. Si ses salles ne résonnent plus des cliquetis d’armures ou des murmures de conseils princiers, elles invitent encore à l’imaginaire, offrant une fenêtre sur un passé où le village était un pion sur l’échiquier des grandes dynasties.
Notre-Dame d’Anneyron : Une Sentinelle de Foi
Au cœur du village, l’église Notre-Dame dresse sa silhouette sobre, gardienne d’une spiritualité séculaire. Mentionnée dès le XIVe siècle comme dépendance du prieuré d’Albon, elle fut rattachée au diocèse de Vienne avant la Révolution. Ses voûtes, patinées par le temps, abritent des prières murmurées par des générations d’Anneyronnais, tandis que son clocher, modeste mais fier, rythme les heures d’une vie rurale immuable.
L’architecture, bien que remaniée au fil des époques, conserve des traces gothiques discrètes : une ogive par-ci, un contrefort par-là, comme des signatures laissées par des bâtisseurs oubliés. Lors des grandes fêtes ou des messes dominicales, elle redevient le pouls du village, un lieu où le patrimoine se mêle à la vie quotidienne.
Le Château de Cros : Une Élégance Méconnue
Non loin de Mantaille, le château de Cros offre une autre facette du génie architectural d’Anneyron. Moins imposant que son aîné, il séduit par sa grâce contenue, ses lignes épurées et ses fenêtres qui captent la lumière dorée des couchants drômois. Construit à une époque indéterminée – les archives restent avares de précisions –, il incarne la demeure d’une noblesse locale, peut-être celle d’un hobereau veillant sur ses terres avec une sollicitude toute terrienne.
Ses jardins, s’ils ne rivalisent pas avec ceux de Versailles, murmurent une harmonie simple, où la vigne et le verger se disputent l’espace. Le château de Cros, discret, est une invitation à la contemplation, un rappel que le patrimoine d’Anneyron n’a pas besoin de faste pour briller.
François Laurent d’Arlande : L’Homme Qui Défia le Ciel
Si les châteaux et l’église ancrent Anneyron dans la terre, un de ses fils illustres l’a porté vers les cieux. François Laurent d’Arlande, marquis né dans ce village au XVIIIe siècle, entra dans l’histoire le 21 novembre 1783. Ce jour-là, aux côtés de Jean-François Pilâtre de Rozier, il s’éleva dans les airs à bord de la première montgolfière habitée, un globe de toile et de feu conçu par les frères Montgolfier. Depuis le parc de la Muette à Paris, cet Anneyronnais audacieux contempla le monde d’en haut, inscrivant son village dans l’épopée des pionniers de l’aérostation.
Ce vol, qui dura 25 minutes et parcourut 9 kilomètres, fut plus qu’une prouesse technique : il symbolisa l’élan d’un siècle avide de découvertes. Aujourd’hui, le nom d’Arlande flotte comme un souffle d’orgueil au-dessus d’Anneyron, rappelant que même un petit village peut engendrer des géants.
Les Coteaux et les Chemins : Un Patrimoine Vivant
Au-delà des édifices, le patrimoine d’Anneyron se dévoile dans ses paysages. Les coteaux, sculptés par des générations de paysans, s’étendent en mosaïques de champs et de vergers, ponctués çà et là de murets de pierre sèche. Ces terres, dont 81,8 % sont dédiées à l’agriculture selon les relevés de 2018, portent l’empreinte d’un labeur ancestral, où chaque sillon raconte une saison, chaque arbre une famille.
Les chemins creux, bordés de haies vives, invitent à la flânerie. Ils mènent parfois à la Galaure ou au Rhône, dont les eaux scintillantes rappellent la position stratégique du village, entre fleuves et montagnes. Ces sentiers, foulés par les paysans d’hier et les randonneurs d’aujourd’hui, sont un patrimoine vivant, un lien ténu entre passé et présent.
Une Devisse Latine : Civis et Opifex
La devise d’Anneyron, Civis et Opifex – "Citoyen et Artisan" –, résume l’âme de ce lieu. Elle évoque une communauté soudée, où l’appartenance civique se conjugue avec le savoir-faire manuel. Cette dualité se retrouve dans les brocantes villageoises, les marchés où s’échangent les produits du terroir, et les mains calleuses des artisans qui perpétuent des gestes d’antan. Anneyron n’est pas figé dans une vitrine ; il vit, respire, et se réinvente tout en chérissant ses racines.
Anneyron Aujourd’hui : Un Héritage en Mouvement
Avec ses 4 136 habitants en 2021, Anneyron a grandi sans renier son passé. Le village, qui comptait 3 316 âmes en 1999, attire désormais ceux qui cherchent un refuge entre ruralité et proximité des grandes villes – Lyon à 70 km, Valence à 45 km. Sous la houlette de Patricia Boidin, maire depuis 2020, la commune préserve son patrimoine tout en s’ouvrant au monde : l’église est restaurée, les châteaux protégés, et les coteaux valorisés par des initiatives touristiques.
Le Village de Marques Lafuma, outlet dédié à l’outdoor, ajoute une note contemporaine, tandis que des gîtes comme "My Boutique Guesthouse" ou "La Maison du Bonheur" accueillent les visiteurs dans un cadre où l’histoire se mêle au confort moderne. Anneyron reste fidèle à son identité, un équilibre subtil entre mémoire et renouveau.
Épilogue : Une Invitation à l’Écoute
Anneyron n’est pas un musée à ciel ouvert, mais une chronique vivante, écrite dans la pierre, le bois et les âmes de ses habitants. Du château de Mantaille, où résonnent les échos carolingiens, à l’envol héroïque de François d’Arlande, en passant par les murmures de Notre-Dame et les sentiers qui ondulent sous le soleil drômois, ce village offre un patrimoine d’une richesse discrète. Il invite à ralentir, à poser le regard sur ces traces du temps, et à entendre les récits qu’elles chuchotent. Anneyron, c’est une mémoire qui ne demande qu’à être lue, page après page, par ceux qui savent voir au-delà des apparences.
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