Manthes

Le Prieuré de Manthes, Site remarquable de la Drôme des Collines

A quelques kilomètres à l’est de Moras, en pleine vallée de la Valloire, au nord de la Drôme, le Prieuré et l’église de Manthes constituent un des plus beaux ensembles architecturaux religieux de la Drôme des Collines. Fondé au XIe siècle par six moines bénédictins de l’ordre de la puissante abbaye de Cluny, c’est autour de ce prieuré que fut construit le village de Manthes. Avec dans sa dépendance trois autres prieurés ou obédiences (Charrière, Peaugres et Montchastain), il est attesté au xive siècle sous le nom de prioratus de Mantula Cluniaci. Hélas, suite à un grand nombre de remaniements au cours des siècles, il ne reste quasiment rien du prieuré clunisien originel. Le style qui prédomine actuellement est celui de l'époque Renaissance (xvie siècle). Inscrit à l’inventaire des monuments historiques, le prieuré présente une belle façade Renaissance, avec ses fenêtres à meneaux et ses linteaux sculptés. Constitué à l'origine de quelques pièces, d'un cellier et d'un cloître, il a aujourd’hui la forme d’une maison forte flanquée de deux tours, dont une dite "tréflée", aux décorations intérieures remarquables : décors muraux, plafonds peints du 16ème et 17ème siècles.

L’église saint-Pierre, en galets roulés et molasse taillée, possède un clocher de type viennois classé monument historique. Trapu, quadrangulaire, composé de deux étages et percé, au deuxième niveau, de fenêtres géminées et décoré de bandes lombardes, il a été reconstruit au xvie siècle en molasse. Le remaniement le plus important de l’église concerne le vitrail gothique représentant Saint-Pierre et Saint-Paul greffé dans l'abside au 16e siècle. 

       L’association des Amis du Prieuré, en collaboration avec l’association diocésaine de Valence, s'occupe depuis 1983 de la sauvegarde de ce site remarquable et de son animation par des manifestations culturelles de qualité et donnent l’occasion de découvrir l’intérieur orné de peintures des XVIe et XVIIe siècle. Pour la visite du prieuré prendre contact avec l'association : https://www.facebook.com/PrieureManthes/

Manthes

Le lavoir de Manthes, Patrimoine de la Drôme des Collines

Manthes, petit village tranquille de la Valloire, au nord de la Drôme, à la frontière de l'Isère, a su conserver, en plus de son prieuré, un magnifique et exceptionnel lavoir à l’ancienne. Construit en 1885 et possédant 17 battoirs au ras du sol, il est établi au milieu d'un lac formé par les sources de la rivière de la Veuze. A cette époque, les épidémies, et notamment celle du choléra, étaient encore redoutées. Les règles d’hygiène étaient diffusées par les journaux et l’école. Les lavoirs facilitaient la propreté, ils étaient, aussi, un lieu de rencontre où s’échangeaient les nouvelles et quelques médisances.

Manthes

Le Parc

Le parc offre au visiteur un ombrage naturel très romantique. Des eaux calmes, de grands arbres, des jardins fleuris, un peu de statuaire, un vieux moulin, des tables de pique nique, une aire de jeu, et surtout une saine et enchanteresse fraîcheur …

La Vallée de la Valloire

Un Souffle d’Histoire dans le Nord de la Drôme

Au cœur du nord drômois, là où les collines ondulent doucement avant de s’effacer devant la plaine rhodanienne, la vallée de la Valloire s’étire comme un secret bien gardé. Moins ostentatoire que ses voisines, cette terre traversée par la rivière Valloire, affluent modeste du Rhône, murmure une histoire ancienne, tissée de pierres usées, de châteaux solitaires et de coteaux où le vent porte les échos d’un passé laborieux. D’Épinouze à Albon, en passant par Saint-Uze et Chavannes, cette vallée discrète dévoile un patrimoine délicat, fait de simplicité rustique et de traces humaines qui résistent au silence du temps. Partons à la découverte de ce coin de Drôme où la mémoire s’accroche aux rives et aux sentiers, tel un poème gravé dans le paysage.

La Valloire : Une Rivière aux Murmures Anciens

La Valloire naît dans les hauteurs de Saint-Barthélemy-de-Vals, à environ 400 mètres d’altitude, pour parcourir quelque 32 kilomètres avant de se fondre dans le Rhône près d’Andancette. Son nom, dérivé peut-être du latin vallis ("vallée") ou d’un pré-celtique lié à l’eau, évoque une origine enfouie dans les âges. Ce n’est pas une rivière de tumultes : ses eaux calmes, bordées de roseaux et de peupliers frêles, glissent entre des terres argileuses, irriguant des champs où l’orge et le tournesol s’épanouissent sous le soleil drômois.

Jadis, la Valloire fut une compagne fidèle des paysans, faisant tourner les roues des moulins et abreuvant les troupeaux. Ses crues, rares mais soudaines, ont laissé des traces dans les récits locaux, rappelant que même une rivière paisible garde une part de sauvagerie. Elle n’a jamais porté de lourdes gabares ni rivalisé avec le Rhône voisin, mais dans sa modestie, elle a sculpté une vallée où chaque méandre semble chargé d’une histoire silencieuse.

Épinouze : La Gardienne des Sources

À Épinouze, où la Valloire s’éveille encore jeune et vive, la vallée prend des airs de berceau. Ce village, niché au creux des collines, conserve une église Saint-Pierre dont les fondations remontent au XIIe siècle. Ses murs de pierre blonde, usés par les intempéries, abritent une nef dépouillée où les siècles ont déposé une patine douce. Autour, les maisons basses, coiffées de tuiles rouges, s’alignent comme des sentinelles d’un temps révolu, celui où les paysans d’Épinouze vivaient au rythme des moissons et des cloches.

Non loin, le château d’Épinouze, ou ce qu’il en reste, témoigne d’une seigneurie locale. Mentionné dès le XIIIe siècle comme fief des dauphins du Viennois, il fut un point de contrôle sur ces terres stratégiques, à la croisée des routes menant au Rhône. Aujourd’hui réduit à des ruines envahies par le lierre, il invite à imaginer les veillées d’autrefois, lorsque les feux crépitaient dans ses salles et que les vassaux rendaient hommage à leurs maîtres.

Les Coteaux de la Valloire : Une Mosaïque du Temps

Au-delà des villages, la vallée de la Valloire se pare d’un manteau de coteaux où le patrimoine se lit dans la terre elle-même. Sculptés par des générations de paysans, ces versants doux portent les traces d’un labeur patient : murets de pierre sèche, vergers de pommiers et de noyers, champs où le blé cède parfois aux cultures maraîchères. Ces paysages, qui occupent une large part des sols selon les relevés récents, sont un héritage vivant, un tableau où chaque sillon raconte une saison, chaque arbre une famille.

Les moulins, dont il ne reste souvent que des ruines – comme à Épinouze ou près d’Albon –, ponctuent le cours de la Valloire. Leurs meules silencieuses évoquent une époque où la rivière faisait chanter les roues, transformant le grain en farine pour les foyers de la vallée. Les sentiers, bordés de haies et de chênes épars, mènent à des belvédères où le regard embrasse le nord drômois, jusqu’aux premières ombres du Vercors.

Une Nature Qui Chuchote

La Valloire n’est pas qu’un décor humain ; elle abrite une vie discrète, legs d’un temps où la vallée était un refuge sauvage. Ses berges, frangées de roseaux et d’aulnes, accueillent des hérons cendrés et des martins-pêcheurs, dont le vol rapide déchire le miroir de l’eau. Les zones humides, vestiges des anciens débordements, abritent grenouilles et libellules, tandis que les sous-bois cachent des fougères et des fleurs sauvages, modestes gardiennes d’une biodiversité préservée.

Une Vallée Hors du Temps

Aujourd’hui, la vallée de la Valloire reste un havre de paix, loin des fracas des grandes routes. À Saint-Uze, la Manufacture Revol perpétue l’art des potiers, attirant les amateurs de porcelaine fine. À Albon, la tour médiévale offre un point de vue aux randonneurs, tandis qu’Épinouze et Chavannes somnolent dans une quiétude rurale. Les fêtes villageoises – marchés, vide-greniers – raniment l’esprit des Valoriens, un peuple attaché à ses racines et à la simplicité de ses traditions.

Pourtant, c’est dans son immobilité que la vallée révèle sa profondeur. La Valloire coule, lente et obstinée, portant les échos des seigneurs d’Albon, des artisans de Saint-Uze, et des paysans qui ont façonné ses coteaux. De ses sources à son embouchure, elle tisse une chronique où le patrimoine n’est pas un vestige figé, mais une respiration, un souffle qui traverse les âges.

Épilogue : Un Écho dans le Silence

La vallée de la Valloire, dans le nord de la Drôme, n’a ni la majesté des Alpes ni la renommée des grandes vallées viticoles. Mais dans sa retenue se cache une force rare : un patrimoine qui ne s’affiche pas, mais se découvre pas à pas. De la tour d’Albon, sentinelle d’un passé féodal, aux céramiques de Saint-Uze, fruits d’une terre généreuse, en passant par les coteaux où la nature et l’homme ont pactisé, cette vallée chante une mélodie douce et grave. La Valloire serpente, et avec elle, une histoire qui ne demande qu’à être entendue, dans le bruissement des feuilles et le murmure de l’eau.

Jean Baptiste MESONA

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